22 de outubro de 2019
Foto: Ricardo Stuckert

En tant qu’anciens présidents de cours supérieures de justice, nous souhaitons attirer l’attention de nos collègues magistrats de la Cour Suprême brésilienne et, plus largement, de l’opinion publique de ce pays concernant les irrégularités de la procédure engagée contre Lula.

Comme cela a déjà été souligné par de nombreux collègues brésiliens et de nombreux autres pays, les révélations du journaliste Glenn Greenwald et de son équipe du site d’information The Intercept, en partenariat avec les journaux Folha de S. Paulo et El País, le magazine Veja et d’autres médias, ont renforcé la nature politique des poursuites contre Lula. Elles ont également confirmé aux yeux du monde, comme l’ont toujours affirmé Lula et ses avocats, le caractère tendancieux de l’ancien juge Moro et des procureurs, ce qui eut pour conséquence l’absence d’un procès équitable et indépendant vis-à-vis de l’ancien président.

Ces révélations ont confirmé que l’opération Lava Jato, sous prétexte de lutter contre la corruption, s’est transformé en un parti politique contribuant à la destitution de Dilma Rousseff en 2016, ainsi qu’à la persécution politique contre l’ancien président Lula. Cette persécution a fonctionné puisqu’elle a permis l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence de la République du Brésil.

À une époque où les démocraties sont mises à l’épreuve par la montée de l’extrême droite, et particulièrement au Brésil, la justice doit être érigée en tant que rempart contre l’autoritarisme et l’arbitraire. Cependant, en raison des procédures illégales et immorales adoptées à l’encontre de l’ancien président Lula, la justice brésilienne traverse aujourd’hui une véritable crise de crédibilité. Il est donc fondamental que les juges de la Cour Suprême exercent pleinement leur rôle de garants du respect de la Constitution et mettent fin aux injustices commises par les procureurs et l’ancien juge Sergio Moro. Tant que l’ancien président Lula n’aura pas regagné son innocence et sa liberté totale, la justice brésilienne ne retrouvera pas sa crédibilité. Le manque de confiance dans le système judiciaire brésilien érode l’état de droit et la démocratie, ce qui a des répercussions pour tous les juges du monde.